Homme de métal et de forge, Chillida est le porte-parole, le compagnon d’un pays basque industriel et urbain. L’œuvre de Chillida s’est imposée très tôt. Des grands prix à la biennale de Venise et au Carnegie, des rétrospectives à Houston, Saint-Louis, Zurich, Amsterdam et Frankfort ont jalonné son parcours. "Mon langage, c'est-à-dire, mes fers sculptés après Ilarik est basque". Pourtant je ne crois c'est en 1983 qu’il découvre, à Hernani, sa ville de coeur, une ferme en déshérence. Dix sept ans après, il inaugure "Chillida Leku", où ses sculptures trônent comme des pousses d’acier monumentales dans l’herbe fraîche. Un journaliste dans un article de Libération écrivait : "un art qui fondamentalement aspire à la nostalgie des vieilles granges et des travaux d’antan". Une remarque judicieuse quand on sait l’amour porté par les basques à leur terre et au labeur qui lui revient.